Un très bon dossier paru dans l'Humanité du 07 juin avec des petits tableaux sympathiques qui permettent de bien voir à qui profite le bouclier et certaines mesures annoncées du gouvernement.

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Evénement


Bouclier pour les uns, ceinture pour les autres

les vrais chiffres . Toutes les premières mesures du gouvernement favorisent les patrons et les fortunes, à l’opposé du discours de Nicolas Sarkozy qui prétendait être le « candidat du peuple ».

L’ouvrier qui voudrait « travailler plus pour gagner plus ». Le bon père qui voudrait transmettre « le fruit d’une vie de travail » sans passer par la case impôts. Le salarié qui voudrait devenir propriétaire... Des mois durant, pendant la campagne présidentielle, l’UMP avec son « champion » Nicolas Sarkozy a fait tourner à plein régime la démagogie sociale. Demain, pour le « petit », le « méritant », la « France d’en bas », enfin tout ira mieux, enfin l’heure de la reconnaissance va sonner... Et force a été de constater, au moment du vote, que cette musique enjôleuse n’a pas été sans succès. Mais le vernis de la propagande commence à craquer et laisse apparaître des réalités beaucoup moins douces. Le gouvernement Fillon a annoncé un programme de mesures concrètes censées réaliser les promesses sarkozyennes. Un premier examen serré, attentif, révèle que toutes avantageront les plus avantagés, qu’elles « oublient » les plus défavorisés. Les heures sup défiscalisées et détaxées ? Comme nous le montrons, à l’aide de cas types, ci-contre, ce sera le bingo pour les employeurs, sans commune mesure avec les miettes que peuvent espérer une minorité de salariés. Même chose pour les intérêts des emprunts immobiliers déductibles. Idem encore pour le bouclier fiscal à 50 %, qui dissimule la suppression, de fait, de l’ISF, et l’exonération de droits de succession qui vise les seuls gros patrimoines.

Et l’on pourrait en dire à peu près autant des franchises sur les dépenses de soins ou du démantèlement de la carte scolaire, annonciateur, contrairement au discours officiel, d’une ségrégation accrue entre écoles des beaux quartiers et celles des banlieues populaires. Et pendant ce temps-là, rien pour le SMIC, rien pour le logement social, rien pour les hôpitaux... Bref, un pur programme de soutien aux plus fortunés, d’encouragement à la rente, au profit, dont l’immense majorité de « la France qui travaille » paiera le prix fort.

Yves Housson

Article paru dans l'édition du 7 juin 2007

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