MCPoirierPour débuter cette nouvelle année, c'est Marie-Catherine Poirier du Parti Vert de Clamart, Maire Adjointe à Clamart qui alimente ma rubrique en répondant à mes trois questions. Je la remercie.

JeamS : Marie Catherine, tu fais partie du groupe des Verts au conseil municipal et souvent tu rajoutes que tu es « Rouge et Verte ». Peux-tu nous dire pourquoi cette différenciation ?


Marie Catherine Poirier
: Je tiens à cette « identité » car je me ressens vraiment ainsi.
Je pense que l’enjeu écologique est devenu fondamental car il menace l’avenir même de l’humanité, à plus ou moins long terme. Cette pensée, c’est mon côté « vert ». Mais c’est bien l’humanité qui m’intéresse et pas seulement « la planète » en tant que telle qui, elle, continuera de toute façon à exister, avec ou sans humains. C’est en cela que je me différencie de certains écologistes environnementalistes « purs », plutôt rares en France d’ailleurs.
Politiquement, je pense aussi que l’impérieuse nécessité d’agir pour préserver l’avenir de l’humanité doit se faire en continuant à exiger plus de justice sociale, à lutter contre les inégalités, à combattre les discriminations. Cette pensée, c’est mon côté « rouge ».
Toute la difficulté du « rouge et vert », qui est pour moi la seule voie possible, c’est de parvenir à penser et à travailler dans plusieurs dimensions : répartition entre catégories sociales d’un pays, répartition entre pays, répartition entre générations….

JeamS : Comment tu exprimes cette nuance ?
Marie Catherine Poirier
:Je l’exprime lors de certains choix, notamment quand des solutions présentées comme évidentes pour résoudre des questions écologiques sont trop inégalitaires. Ce souci, je l’ai constamment à l’esprit, même s’il n’est pas toujours facile à concrétiser. Ce que j’ai aussi toujours à l’esprit, c’est que, si on n’agit pas, à la fois écologiquement et socialement, les conséquences de la crise écologique toucheront en premier et plus fortement les plus pauvres. Le souci du « rouge et vert » n’est donc pas seulement lié à un idéal d’égalité et de solidarité, mais aussi à une volonté très concrète de ne pas plonger encore plus d’humains dans la misère, la guerre, le désespoir…

JeamS : Nous nous sommes souvent retrouvés sur des positions identiques que cela soit au conseil municipal ou dans des luttes. Je pense notamment à la bataille pour le non au traité constitutionnel européen. Pourtant, lors des élections européennes, votre parti s’est positionné derrière Cohn Bendit qui n’est pas connu comme un anti libéral. N’est-ce pas contradictoire ?
Marie Catherine Poirier : Chacun(e) vit des contradictions dans la vie. Si l’on s’engage en politique, soit on essaie de trouver le groupe ou le mouvement qui correspond parfaitement à toutes les idées que l’on a et on risque fort de se retrouver tout(e) seul(e), soit on essaie de trouver le groupe ou le mouvement dont on se sent le plus proche et assez conséquent pour peser sur la réalité des choses. Chacun(e) fait son choix. Pour ma part, j’ai choisi Les Verts en 1999 quand ils ont abandonné le « ni droite ni gauche », parce qu’à l’époque il m’a semblé être le seul parti capable d’influer dans le domaine écologique dont je me souciais déjà depuis longtemps. C’est actuellement un parti où il y a plusieurs courants d’idées, allant des antilibéraux aux très libéraux, mais, si Daniel Cohn-Bendit devait devenir adhérent du parti Les Verts et y devenir majoritaire, je ne me reconnaîtrais plus dans les orientations de ce parti. J'espère que l'avenir n'ira pas dans ce sens, mais dans le sens de plus d'union entre les forces de gauche et écologistes pour faire face aux enjeux qui sont devant nous.