Je suis scandalisé par l'attitude de France Telecom qui, devant le nombre d'agents qui ce sont suicidés depuis un an et demi, parle de "stopper la contagion" ou "de mode" à propos de ces actes.

Comme-ci il s'agissait d'un virus qui s'attrape (sous entendu sans raison apparente) ou d'un phénomène de mode à la manière d'un produit qu'il fait bien d'avoir (comme un mobile par exemple).

Alors évidemment quand on en est à ce niveau d'analyse, on ne risque pas d'apporter des solutions pour créer les conditions que cela ne se reproduise pas.

Non Messieurs (car les états majors sont très largement dominés par les hommes), ce n'est pas pour répondre à un phénomène de mode ou parce que ces agents ont été piqués par la mouche "tsuicide" qu'ils se sont donnés la mort. Oui, ils avaient peut être d'autres inquiétudes également.

Mais il n'en est pas moins vrai que lorsque l'on a un personnel qui, pour une grande masse, a vécu de profonds changements sur les quinze dernières années et vit régulièrement les restructurations et réorganisations, les changements de poste, de manager, de lieu, que dans le même temps cela a permis à l'entreprise d'augmenter son chiffre d'affaire et ses profits chaque année, c'est un choc pour des gens qui montrent leur qualité, leur conscience professionnelle et leur forte implication d'apprendre de la bouche de leur hiérarchie qu'ils ne valent plus rien.

Quelques exemples de gestions de l'entreprise :

-Depuis 7 ans, j'ai intégré les services informatiques de France Telecom. En 7 ans, j'ai connu 5 changements de Direction, 7 changements de poste, 7 changements de managers (et bientôt un nouveau), 10 déménagements de bureau, plus le reste (changement d'entité, d'orientation etc..) mais quand je cite mon cas ce n'est pas un cas exceptionnel c'est une image de ce que vive l'ensemble des salariés et même pire pour beaucoup je pense notamment aux commerciaux qui sont soumis à des objectifs démentiels.

-Autre exemple qui concerne des managers, qui se voient du jour au lendemain, pour cause d'une énième réorganisation, mis en vacances de leur poste et devant postuler à un futur poste sachant que le nombre de poste proposé sera quasiment divisé par deux et que donc il y aura au final environ 50% de mise sur la touche et que de toute manière, ils auront vécu au moins une année d'incertitude.

Vous l'aurez compris ce n'est pas en mettant en place un numéro vert relié à des psychologues que la situation s'améliorera (d'autant que rien ne garantie qu'il n'y aura pas un listing de ceux qui auront composé ce numéro). Il faut stopper les réorganisations bien au delà de fin octobre, il faut mettre en place une véritable gestion des compétences et reconnaissance de celles-ci, il faut augmenter les salaires, il faut relancer la politique de formation.

Bref, il faut considérer ce personnel.