lambotteCe mois-ci, mon invité va peut être vous surprendre. Alors je préviens, il n'y a aucun rapprochement politique à voir dans cet interview. Simplement, je reste dans la logique que j'ai souhaitée pour cette rubrique, poser trois questions à des Clamartoises ou clamartois qui développent des valeurs militantes ou humaines et à chaque fois sur un thème dominant.

Donc, j'ai posé trois questions à Marie France Lambotte qui a été Maire de Clamart et Présidente de l'OPHLM de Clamart. Son engagement à l'UDF puis au MODEM est connue mais elle a surtout développé un engagement militant fidèle quelque soit les évènements et notamment après la défaite de 2001.

JeamS : Mme Lambotte, vous avez été Présidente de l’OPHLM, 1ère Adjointe au Maire, puis Maire à un an du renouvellement de mandat. Tout d’abord j’envie de vous demander qu’est ce qui a fait votre engagement politique ?
Marie France Lambotte :
Ma famille maternelle est arrivée à Clamart en 1903 et j’y ai moi-même toujours vécu. Je suis très attachée à cette ville et c’est avec la volonté de servir Clamart et ses habitants que j’ai tout naturellement accepté de rentrer dans l’équipe municipale de M. Fonteneau, en 1983.
Une forte conviction et ma formation (Sciences politiques et Droit) m’avaient familiarisé avec le sens du service public. L’action politique et militante au sein d’un parti - l’UDF - étant à mes yeux un moyen de faire connaître et de mettre en oeuvre les valeurs auxquelles je croyais (auxquelles je crois toujours d’ailleurs), et non un outil pour une carrière politique, à laquelle je ne pensais nullement en 1983.
Ensuite, les responsabilités sont venues sans plan de carrière ! Et je peux dire que les différentes fonctions que j’ai eu à assumer ont été passionnantes.

JeamS : En 2001, la liste que vous conduisiez perd les élections, vous êtes conseillère municipale d’opposition, et vous continuez avec la même vigueur votre travail d’élue sans arrière pensée dans votre nouveau rôle, à quoi vous attribuer cette volonté ?
Marie France Lambotte :
Quand j’ai perdu les élections municipales de 2001, ce fut bien sûr un moment difficile puisqu’il fallait renoncer aux projets que j’avais, avec mon équipe, pour Clamart.
Mais j’ai toujours eu la conviction que, lorsqu’on s’engage dans l’action politique, il faut avoir la lucidité de considérer que l’on n’est qu’un chaînon dans une longue chaîne où chacun apporte sa contribution à l’intérêt général.
Par ailleurs, je crois profondément à l’importance de l’opposition dans un régime démocratique : à tous les niveaux, elle doit être respectée, mais elle doit aussi être responsable. Le NON systématique à tous les dossiers, surtout dans une commune, relève pour moi d’un esprit partisan que j’ai toujours condamné et ne répond pas aux exigences de l’intérêt général.
J’ajoute, qu’au delà du combat politique normal en démocratie qu’il faut avoir le courage d’assumer, j’ai toujours été attachée au respect des personnes et à la qualité des relations humaines. Peut-être est-ce cela qui me vaut l’invitation de M. Seyler à répondre à ses questions, alors que chacun sait que nos opinions politiques sont différentes ?

JeamS : Ne croyez-vous pas que la question d’un véritable statut de l’élu est primordial pour l’esprit militant, pour le renouvellement et pour la place des femmes ?
Marie France Lambotte :
Voilà un point sur lequel des élus de tous partis devraient pouvoir être d’accord. La réponse est oui, naturellement, et plus encore pour les femmes !
Je souhaite personnellement que la parité se développe davantage dans notre pays, où elle est encore très imparfaite dans le monde politique et dans l’économie, pour les postes de direction.
Et ce, non par un féminisme exagéré, mais parce que je crois que c’est l’intérêt de tous que les femmes, en complémentarité naturelle avec les hommes, apportent leur regard et leur expérience à l’action publique.
Un tel statut de l’élu devrait permettre également un renouvellement de la classe politique, nécessaire à la fois pour une plus grande efficacité - le pouvoir use – et un nouveau dynamisme pour notre pays.
Quant à l’esprit militant qui doit être encouragé, il demande surtout un fort engagement personnel, de la générosité, du courage et la volonté de servir le « Bien Commun ».